Phénomènes de résistance aux herbicides

 
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Résistance aux herbicides

Comment ça marche ?

Depuis une vingtaine d’années, la présence de plus en plus fréquente d’adventices et en particulier de graminées et dicotylédones résistantes à certains herbicides, complique le désherbage. Actuellement, deux mécanismes principaux de résistance ont été identifiés chez les adventices, la résistance liée à la mutation de la cible de l’herbicide, RLC, et la résistance non liée à la cible, RNLC.

A l’échelle de la planète, on assiste depuis le début des années 1980, à une forte augmentation du phénomène de résistances aux herbicides toutes cultures et toutes espèces confondues.


Evolution des résistances aux herbicides à l’échelle mondiale

Résistance liée à la mutation de la cible de l’herbicide
Deux mécanismes principaux de résistance ont été identifiés chez les adventices. L’un d’entre eux est la mutation liée à la cible. Une substance active herbicide est efficace contre une adventice car elle est capable de se fixer sur une cible donnée de la plante et l’empêche ainsi de fonctionner normalement.
La résistance par mutation de cible est due à une mutation dans le génome de la plante adventice, du gène qui « code » pour cette cible. Il suffit que la mutation entraîne une modification de la structure tridimensionnelle de la cible, pour que la substance active ne puisse plus s’y fixer et deviennent inactive.

Résistance non liée à la cible de l’herbicide
L’autre mécanisme de résistance fréquemment rencontré, est la résistance non liée à la cible, RNLC. Plusieurs phénomènes peuvent intervenir dans une RNLC, la pénétration réduite, le transport modifié (ou séquestration), la détoxification ou l’amplification de cibles.

Des modes d’action différents
Lorsqu’une adventice est devenue résistante à un herbicide par mutation de la cible, elle ne devient pas forcément résistante à tous les herbicides qui disposent du même mode d’action. Chaque famille chimique dans un même mode d’action peut avoir une réponse différente en fonction de l’espèce nuisible.

Par exemple si une adventice est résistante à la famille chimique sulfonylurées, elle ne sera pas forcément résistante à la famille des triazolopyrimidines, qui fait pourtant partie comme les sulfonylurées, des inhibiteurs de l’ALS.

Pour éviter les phénomènes de résistances liées à la  mutation de cible il est recommandé d’alterner  les modes d’action.

Modes d’action, un nouveau classement
Le Comité d’Action international pour les Résistances aux Herbicides (HRAC) a regroupé les substances actives herbicides selon leur mode d’action. Les groupes désormais bien connus sont identifiés par une lettre et sont déclinés du Groupe A, pour les herbicides qui agissent par Inhibition de l’ACCase, au Groupe Z, pour les modes d’action inconnus comme ceux des acides gras et acides carboxyliques. 
Depuis 2021, le HRAC et le WSSA, Weed Science Society of America, ont harmonisé leurs classements et les modes d’action herbicides sont désormais classés dans des groupes qui vont de 0 à 34.

Table des correspondances classifications HRAC