Comment intégrer les pratiques agronomiques

 
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La lutte agronomique

Il existe plusieurs leviers agronomiques pour diminuer le nombre d’adventices dans une parcelle. Combinés ensemble, ils permettent de réduire significativement la pression des mauvaises herbes, de limiter le recours aux herbicides chimiques et de limiter d’écarter les risques de résistances.

Allonger les rotations

Introduire de nouvelles cultures dans la rotation et diversifier les espèces sur une même parcelle évite la multiplication des mêmes adventices. Comme il est plus facile de gérer la diversité des espèces de mauvaises herbes que leur densité, le désherbage sera plus facile. De même, l’allongement de la rotation diversifie les modes d’action des herbicides utilisés et limite le développement des résistances.

Les essais montrent que la densité des adventices dans une parcelle, est réduite de plus de moitié lorsque l’on passe de trois à quatre cultures dans la rotation. Elle est même divisée par trois en passant de trois cultures à cinq ou à six.

Décaler la date de semis

Repousser la date de semis à l’automne, permet de limiter la levée des graminées. La réduction du nombre de graminées est encore plus significative si la technique est combinée à un ou plusieurs faux semis avant l’implantation de la céréale. Mais attention à ne pas repousser de plus de 15 jours le semis, les conditions d’implantation risque d’être plus difficiles, et la balance bénéfices/risques, négative.

Un labour occasionnel

Un labour occasionnel, tous les trois ou cinq ans par exemple, permet de réduire le salissement des parcelles. Le fait d’enfouir les graines les empêche de lever. Comme leur faculté germinative diminue avec le temps, lorsqu’elles reviendront à la surface, une grande partie des semences ne sera plus viable, et ne lèvera donc pas. On parle de « taux annuel de décroissance » ou TAD. Ce TAD varie selon l’espèce, de 10 % pour le mouron ou le rumex, à 100 % pour la folle avoine ou le brome stérile. Ce qui signifie qu’après un labour, le stock quasi-complet de graines de folle avoine ou de brome stérile disparaît en une seule année. Ou encore que les stocks de vulpins et ray-grass (TAD de 75 %) sont pratiquement éliminés dans les trois à cinq ans. C’est pourquoi un labour tous les trois ou cinq ans, est efficace contre les vulpins et les ray-grass. Cela étant dit le labour n’est pas la réponse systématique à toutes les adventices et sera à piloter au cas par cas. Avec les coquelicots par exemple, le fait de labourer trop souvent remonte à la surface des graines qui pourront germer.

L’impact des faux-semis

En non-labour, le faux-semis peut-être une solution. En favorisant la levée des adventices dans l’interculture, il permet de les détruire avant le semis de la céréale. La technique du faux-semis consiste à réaliser un travail du sol superficiel sur 2 à 5 cm, sur un sol un peu humide. Les graines d’adventices vont lever et pourront être détruites. On pourra renouveler plusieurs fois l’opération, en fonction des dates de récolte de la culture précédente, et de semis de la suivante.

Arvalis a montré dans ses essais qu’un faux-semis après un déchaumage superficiel, permet de faire lever, et donc de détruire, plus de 600 graines de ray-grass dans l’interculture.

A noter que cette technique n’est efficace que sur les plantes annuelles, pas sur les vivaces.

Implanter un couvert

Semer un couvert végétal en interculture, limite la présence d’adventices à la fois par un effet d’ombrage et par la concurrence qu’il induit pour l’eau et l’azote. Plus la couverture du sol sera importante, moins les mauvaises herbes se développeront. On obtient une bonne couverture du sol, en semant le couvert tôt, juste après la récolte du précédent, sur un lit de semences bien préparé, et en respectant les densités de semis préconisées pour chaque espèce.

Il faut aussi savoir, a contrario, que couvrir le sol en interculture réduit les possibilités de contrôler les vivaces comme les chardons, dans l’interculture.

Une efficacité différente selon les adventices

Les pratiques agronomiques qui peuvent être mises en œuvre pour réduire la pression des adventives, vont avoir une efficacité différente selon les espèces.