Coquelicots résistants : la pression augmente

  coquelicots résistants

Dans une étude datant de 2020, le coquelicot apparait comme la 8ème adventice la plus présente dans vos céréales et comme la 5ème adventice (la 3ème dicotylédone) la plus difficile à contrôler. Depuis 2018, Corteva Agriscience travaille à caractériser génétiquement la résistance des coquelicots et à déterminer précisément la présence et le niveau de pression dans les départements métropolitains. Un des résultats directement utilisable est la carte présentée dans cet article. Explications et mode d’emploi.

Une méthode de détection plus fine

Pour identifier des coquelicots résistants dans une parcelle, Corteva Agriscience a utilisé un nouveau protocole : analyser 50 feuilles de 50 pieds de coquelicots différents dans des parcelles choisies aléatoirement, plutôt que le protocole actuellement le plus répandu qui consiste à analyser 10 feuilles de 10 pieds prélevés dans des parcelles où la présence de l’adventice est fortement supposée. Grâce à ce nouveau protocole, lorsque 10% des coquelicots de la parcelle sont résistants, il y a plus de 99% de chance de les détecter.

« Augmenter la taille de l’échantillon a considérablement augmenté la précision du test pour détecter des populations même très petites de coquelicots résistants aux inhibiteurs de l’ALS dans une parcelle », explique Elsa Penguilly, Responsable Technique Herbicides Céréales. 40% des échantillons, prélevés de manière aléatoire, contiennent des coquelicots résistants. « Notre méthode de détection indique que parmi les échantillons résistants, 86% présentent une résistance forte à très forte, c’est-à-dire qu’au moins 20% des coquelicots de l’échantillon sont résistants aux inhibiteurs de l’ALS, poursuit Elsa. Nos travaux, menés avec l’INRAE, ont contribué à la mise à jour de juillet 2020 de la cartographie ci-dessous des résistances coquelicots aux inhibiteurs d’ALS. »

Carte des résistances coquelicots aux inhibiteurs de l'ALS

Savoir lire la carte pour utiliser le bon programme

Vous êtes dans une zone blanche ou jaune : la résistance n’est donc pas ou très peu présente autour de vous. Vos programmes actuels doivent fonctionner contre le coquelicot. En cas d’échec, même partiel, il conviendra d’envisager d’abord un défaut lors de l’application avant d’invoquer la résistance. Toutefois il faut rester attentif car la situation peut évoluer rapidement.

Vous êtes dans un département orange à rouge : la présence de coquelicots résistants est avérée dans votre département. En cas d’échec au champ, après un traitement avec un inhibiteur de l’ALS, la résistance peut éventuellement être mise en cause. Même si vous n’avez pas encore détecté de dérive d’efficacité de vos programmes habituels, il faut redoubler d’attention et revalider vos pratiques avec votre technicien.

Suivre la propagation des populations d’adventices résistants dans le temps !

Avec l’exemple du coquelicot, nous souhaitons que chacun prenne conscience que des résistances aux inhibiteurs de l’ALS sont en train de se développer parmi les dicotylédones, comme, par exemple, l’ambroisie, la matricaire ou le séneçon.

Ces travaux de recherche visent dans un second temps à étudier les vitesses de propagation de la résistance aux inhibiteurs de l’ALS sur le territoire. Le but étant, à nouveau, de vous aider à réaliser le meilleur diagnostic de vos parcelles et donc d’utiliser le programme le plus adéquat… Au plus tôt on détecte, au mieux on contrôle.